EXPOS

James Tissot à Orsay

13 juillet 2020

Le confinement avait amené "Le Monde comme il va" à vous raconter les expos que vous ne verrez jamais car tout est fermé mais voici la bonne nouvelle : outre les photos des Yanomami par Claudia Andujar à la Fondation Cartier, le musée d’Orsay nous invite à découvrir, ou admirer si nous le connaissons déjà, “James Tissot, l’ambigu moderne” [1]

Pourquoi ce titre ? Sans doute parce que sa peinture était à l’opposé de la manière des Impressionnistes mais que c’est tout de même très beau. On lui en veut peut-être sourdement d’avoir quitté la France pour l’Angleterre et changé Jacques Joseph en James

La fuite à Londres

Ses inspirations sont multiples, le Moyen-Age, le Japon et la Chine, les peintres Whistler et Degas. Vers la fin de sa vie, après la mort de sa compagne, Kathleen Newton, il se tourne vers la spiritualisme et la religion. Il se rend même au Moyen Orient pour illustrer la Bible.
Son départ pour Londres, comme beaucoup d’autres artistes, s’explique par la ruine de Paris après la Commune. Claude Monet l’écrit : “ La fuite en Angleterre est complète. Les transatlantiques font le service pour Londres. Deux cents passagers sont restés ce soir sur le quai.” Pourtant le voyage n’était pas celui que l’on connait : seize heures de traversée et cinq heures de chemin de fer ! [2]. Il reviendra en France après la mort de Kathleen Newton en 1882.

Belles rêveuses

En voyant ces femmes ravissantes et volontiers oisives, on ne peut que penser à Proust. De belles rêveuses dans des jardins, sur des bateaux, à des bals. Leurs robes sont des océans de volants, de nœuds de soie, de dentelles précieuses ce qui ne les empêche pas de pique-niquer ou de partager une barque sur la Tamise avec un soldat écossais avec kilt et bonnet à poil. Il y a des adieux frémissants, des langueurs indicibles et des soirées de fête. James Tissot s’amuse de cette société tourbillonnante comme on le voit clairement dans Too Early (trop tôt) où quelques invitées arrivent avant l’heure au bal dont la salle est vide.

Révélation religieuse

A la mort de sa compagne, il cherche à la retrouver grâce à des séances de spiritisme ce qu’il traduit dans L’Apparition mediumnique, tableau qu’il garda avec lui toute sa vie mais qu’il reproduisit de nombreuses fois grâce à différentes techniques.
En 1888, alors qu’il étudie une peinture à Saint-Sulpice, il a une révélation religieuse et décide de se consacrer à l’illustration de la Bible. Il réalise 365 gouaches illustrant la vie du Christ qui seront achetés par le Brooklynn Museum en 1900. Puis il se consacre à l’Ancien Testament et cette série inachevée se trouve aujourd’hui au Jewish Museum.

[123 juin-13 septembre

[2Une exposition sur la fuite des artistes vers l’Angleterre a eu lieu au Petit Palais en 2018

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